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Interview de Patricia à son retour de Porec
Bonjour Patricia, et tout d’abord bravo pour tes prestations à Porec et à Vittel. J’ai envie de te connaître un peu plus et pour cela je vais bavarder avec toi et je te remercie de bien vouloir te prêter au jeu.
A quel âge as-tu commencé le tir à l’arc et pourquoi avoir choisi le tir à l’arc ?
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J’ai commencé le tir à l’arc en 1991 à l’âge de 11 ans. En fait, j’ai découvert le tir à l’arc l’année précédente grâce à mon frère. Comme moi, il est grand et à l’époque, notre médecin de famille lui avait conseillé le tir à l’arc pour qu’il se tienne droit.
Je suis allée le voir un soir à l’entraînement et j’ai eu le coup de foudre pour ce sport. Je ne connaissais le tir à l’arc que par Robin des Bois et non pas en tant que sport. En une seule soirée, j’ai su que je ferais ce sport. J’ai du attendre 1 an pour pouvoir m’inscrire car les dirigeants ne prenaient les inscriptions qu’à partir de 11 ans et depuis, je n’ai jamais arrêté le tir.
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Quand t’es tu tourné vers l’arc à poulie et pourquoi ?
Comme tout le monde, j’ai fait mon année d’initiation avec un arc classique. Je me souviens que les entraînements avaient lieu dans une salle annexe dans le gymnase le lundi je crois puis le mercredi dans la salle principale.
Des archers confirmés venaient s’entraîner après l’école de tir et je les observais. Peut-être était-ce par curiosité parce que je ne savais pas comment cela marchait mais je commençais à m’intéresser à l’arc à poulies. De loin bien sûr et sans dire un mot car j’étais très timide à l’époque. Mais ma curiosité était piquée.
Quand je me suis inscrite la 2ème année, les dirigeants du club ont accepté de me laisser mon arc d’initiation encore quelques mois, le temps d’avoir mon propre arc. Ça a duré 6 mois. Puis, mes parents m’ont demandée si je voulais un arc à poulies pour noël. J’ai tout de suite accepté ! Ils avaient peut-être vu que j’étais plus intéressée par l’arc à poulies que le classique. Je tire donc à l’arc à poulies depuis début 1993 ! J’ai encore mon 1er compound à la maison : un browning Pro 600 rouge et argent.
Dans le tir à l’arc quelle est ta discipline préférée ?
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J’ai quasiment essayé toutes les disciplines du tir sauf le 3D et le tir nature qui ne me tentent pas. Aujourd’hui, je n’ai pas de préférence entre le tir en salle, le tir FITA, le fédéral ou le campagne. Chacun a sa spécificité. J’aime le tir en extérieur parce que j’ai l’impression de moins ressentir la pression des compétitions. On peut « respirer ».
A l’époque où le FITA correspondait à un FITA Star (4 distances), je pense que je préférais cette discipline. On tirait sur 4 distances avec plus ou moins de facilité et ce n’était qu’à la dernière flèche que le classement était fait. Tout pouvait basculer selon la distance. J’étais usée à la fin de la journée mais le tir était intéressant puisqu’il y avait 4 distances.
Mon fiancé m’a initiée au tir en campagne il y a 2 ans. J’ai aimé cette discipline pour diverses raisons : on fait un parcours en forêt, dans le parc d’un château, dans un vignoble ou autre et c’est très dépaysant. On bouge tout le temps et il faut se remettre en question et s’investir sur chaque cible. Devoir déterminer à quelle distance se trouve la cible demande de l’entraînement sans oublier qu’il faut prendre en compte la luminosité, les dénivelés. Je ne peux plus faire du campagne pour l’instant mais quand j’aurais un peu plus de temps, je m’y remettrais ! J’adore la marche ! Désolée, je me suis un peu éparpillée. En bref, je préfère tirer en extérieur.
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Combien de temps consacres tu à l’entraînement ? et de quelles activités est il composé ? (musculation, jogging, relaxation, kiné …..)
Jusqu’à présent, je consacrais 2 soirées par semaine à mes entraînements tir à l’arc sans compter les compétitions. Aujourd’hui, je suis à 3 entraînements par semaine. A 2h par séance minimum… Sans compter les stages avec l’entraîneur national. J’ai d’ailleurs un stage de 2,5 jours la semaine prochaine.
Jusqu’à présent, je ne faisais rien d’autre. Pas d’entretien physique particulier. Pas de jogging sauf quand je dois courir après mon RER !
Je plaisante. Je ne fais pas de préparation physique particulière en dehors du tir. Je ne suis pas fan du jogging parce que je ne sais pas respirer. Je fais juste de l’entretien musculaire des épaules avec un élastique et des altères. Je fais aussi du travail de gainage avec des séances d’abdominaux. Je m’y suis remise cette année.
Peut-être que l’année prochaine, si je suis encore dans le collectif national, je devrais faire une préparation physique en plus mais ça, je ne le saurais que l’année prochaine. Mon entraîneur m’a dit que pour l’instant, je restais comme ça.
En ce qui concerne les séances avec un kiné, en fait je vais voir Laurent, l’ostéopathe de l’équipe de France. Je ne suis allée le voir que 2 fois depuis le début de la saison dont une fois avant les championnats d’Europe salle. Je n’abuse pas de son temps si je n’ai pas un pépin de santé. Par contre, pendant ce championnat, je suis allée le voir 3 fois ! J’étais vraiment tendue.
Fais tu d’autres sports ?
Pas le temps !
Comment, en dehors de la préparation physique, te prépares tu à une compétition ?
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En fait, cela dépend de la compétition. Si il s’agit d’une compétition où il y a juste un tir compté, je me « contente » de vérifier mes réglages. Je fais un peu de volume (surtout pour l’extérieur) pour ne pas avoir de coup de pompe le jour J. Je travaille mon investissement en faisant des exercices du type le maximum de 10 en 5 volées. Pour l’extérieur, je sélectionne mes flèches pour avoir un meilleur groupement. Je fais une séance tir compté proche de la compétition pour voir où j’en suis.
Si il s’agit d’une compétition avec duels, je me débrouille pour faire des duels pour une mise en situation de « stress ». La vérification du matériel est aussi effectuée pour me rassurer.
La veille d’une compétition, je commence à manger des féculents. Ça prête peut-être à sourire quand je dis ça mais c’est la veille qu’il faut commencer à stocker des sucres lents et non pas le jour même. Il faut laisser le temps à l’organisme de faire ses stocks de sucres lents. Ça ne se fait pas en 2 minutes !
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D’un point de vue psychologique, je ne peux pas vraiment faire de travail dessus. Je travaille juste ma respiration en dehors du pas de tir. Ça m’aide à me détendre. J’ai commencé à travailler ce sujet en début de saison mais les résultats sont là !
Quel est ton pire souvenir en tir à l’arc ?
Ça s’est passé lors de ma dernière année de junior. J’étais bien classée au niveau national pour le tir fédéral et j’avais une chance de médaille. Mes parents ont voulu me faire plaisir en m’offrant un nouvel arc à poulies pour mon anniversaire au mois de juin.
Nous partions en vacances peu de temps après. Malheureusement, le vendeur a arnaqué mes parents et leurs a vendu un arc qui n’était pas adapté pour moi. Il était beaucoup trop puissant : 50 livres alors que je devais tirer 41 livres à l’époque. Ajouter à cela que je n’ai pas pu m’entraîner pendant les vacances… Je suis arrivée au championnat de France sans réel réglage et ne pouvant pas tirer sur mon arc. J’ai failli me blesser au niveau du dos. J’ai fini ce championnat en larmes : un parce que je souffrais le martyre, deux parce que je venais de perdre une chance d’avoir ma seule médaille de France en junior et trois, parce que mes parents n’ont rien voulu savoir de ma douleur. Je me souviendrais toujours de ce que ma mère m’avait dis : « on a raccourci nos vacances exprès pour t’amener ici alors tu vas finir cette compétition ! ». Oui, c’est le pire souvenir à tout point de vue…
Et le meilleur ?
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J’ai plein de bons souvenirs au niveau du tir à l’arc. Mes rencontres avec les autres archers, mes 1ères places ou podiums dans divers championnats, ma sélection dans le collectif et mes représentations en équipe de France, les quelques fois où des archers viennent me voir pour me dire merci de leur avoir donné des conseils, le jour où Christophe m’a retrouvée sur un pas de tir alors que cela faisait 9 ans que l’on s’était perdu de vue, etc…
Après réflexion, mon meilleur souvenir concerne le championnat de France FITA l’année dernière : en fait, c’est mon meilleur souvenir parce que Christophe a demandé ma main alors que j’étais sur le podium ! Il n’y a pas à dire : il est fou… mais il a gagné le pari que l’on avait fait.
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Comment concilier vie professionnelle, familiale, et compétition de haut niveau ?
J’ai la chance de vivre avec un archer : si Christophe ne faisait pas de tir, je pense que je serais célibataire aujourd’hui. En plus, il fait de la compétition et peut donc se mettre à ma place. Il se rend compte que les entraînements sont essentiels et prennent du temps. J’ai la chance aussi qu’il me soutienne et m’encourage.
C’est vrai que ma vie a un peu changée depuis que je fais partie du collectif national. Un peu beaucoup même… Le tir à l’arc me prenait pas mal de temps avant mais maintenant, c’est encore plus ! J’ai fait et je continue de faire des sacrifices mais ça en vaut la chandelle vu ce que je vis en ce moment. Et puis, je sais que ça ne durera pas éternellement.
Le fait que je sois sportive de haut niveau me permet d’avoir des jours de congé supplémentaires pour mes déplacements avec le collectif. Une convention a été signée entre le ministère de la Santé et des Sports, mon employeur et moi-même. Heureusement parce que mes congés personnels ne suffisent pas. Je n’ai pas d’horaires aménagés à mon travail : à moi de gérer mon boulot, ma hiérarchie et le tir à l’arc.
En ce qui concerne ma famille, je n’ai pas encore d’enfant. Ça aide beaucoup pour l’organisation car j’ai cela en moins à penser. Mais l’année prochaine, je devrais prendre ce paramètre en compte.
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Quel est ton objectif cette saison ?
En fait, j’ai plusieurs objectifs. Certains sont passés puisqu’ils concernaient le tir en salle (objectifs atteints soit dit en passant).
Pour l’extérieur, je souhaiterais être sélectionnée pour au moins une coupe du Monde et pourquoi pas, faire les championnats d’Europe FITA.
Pour ce dernier, la 2ème étape de sélection sera dure et je dois la préparer dès maintenant même si j’ai déjà réussi la 1ère.
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Merci Patricia pour ta disponibilité et ta gentillesse, et bonne chance à toi pour la suite de ta saison et nos vœux de bonheur. |